Rencontre #6 : Jean-Michel Chartron

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La Maison Benjamin Kuentz met un pied au domaine Charton

Est-il vraiment nécessaire de présenter le Domaine Jean Chartron et ses vins, que d’aucuns classent encore aujourd’hui parmi les plus grands blancs secs du Monde ? Quatorze petits hectares à Puligny-Montrachet, ce qui reste une superficie importante pour la Bourgogne, ne regroupant pas moins de 18 appellations dont une majorité de Premiers et Grands Crus.

L’histoire du domaine et de la famille éponyme, aujourd’hui dirigée par Jean-Michel Chartron et sa sœur Anne-Laure, 5ème génération aux manettes de l’aventure, est intimement liée à celle de la région et à la richesse de ses terroirs. La raison à une variété géologique d’une parcelle à l’autre mais aussi à celle des climats. Il y aurait plus d’une vingtaine d’expressions différentes du sol Chardonnay, cela laisse songeur. Parmi les plus emblématiques, Clos des Chevaliers (Chevalier-Montrachet Grand Cru) ou Clos de la Pucelle (Puligny-Montrachet Premier Cru) qui sont la fierté mais aussi des monopoles du Domaine Chartron.

C’est précisément dans un fût ayant servi à l’élevage d’un Puligny-Montrachet Premier Cru que la Maison Benjamin Kuentz a fait vieillir son dernier whisky, Aux Particules Vines, tentant l’expérience inédite d’un finish aux arômes de vin. Une initiative qui rapproche de manière singulière des savoir-faire bien français mais qui n’avaient jamais eu l’occasion de « se croiser » pour ainsi dire, celui de la distillerie, la culture de la céréale et le savoir-faire viticole. Jean-Michel Chartron reconnaît être sensible à une démarche de dialogue, ce qui l’appelle « ce doux mélange » entre l’homme et la nature. Avec une seule idée en tête, ne jamais forcer cette dernière, ne pas contraindre ou pousser l’expressivité d’un terroir.

Cela se traduit au Domaine Chartron par des vins élégants, fins, à l’opulence contenue. « Créer des vins avec une énergie, une sapidité, oui. Mais nous nous refusons à faire des bêtes de concours. Cela implique notamment une utilisation modérée du bois pendant la phase d’élevage. Celui-ci fait un bien meilleur ouvrage quand on ne le sent pas ». Des vins vrais, sans maquillage, une philosophie de la délicatesse et de la sincérité qui a évidemment séduit la jeune Maison de whisky aux accents littéraires.

La demande de Benjamin Kuentz a, semble-t-il, crée un précédent. Jean-Michel Chartron avoue recevoir depuis quelques temps des demandes comparables, notamment de la part de brasseurs. S’il ne lui est pas toujours possible de répondre aux engouements de cette nouvelle tendance, cette année par exemple, les vendanges on été très importantes et il ne reste aucun fût disponible à offrir pour l’élevage d’autres alcools, l’homme se réjouit de ces initiatives. Elles disent, à n’en pas douter, la vitalité de savoir-faire qui exaltent les trésors de la nature.

Benjamin Kuentz